La fille trop belle: Tous les garçons sont amoureux d’elle. Elle jure qu’elle ne s’en rend pas compte, et que de toute façon elle se trouve moche. Antoine, un des garçons amoureux d’elle a même gravé au compas son prénom sur son avant-bras. Sachant qu’elle s’appelle Anne-Charlotte, le pauvre garçon a fini aux urgences, victime d’une grave hémorragie.
« Arrêtez de dire que je suis belle, j’ai une mine affreuse ce matin! »
Le mec super sympa: Il est vraiment super sympa. C’est le seul garçon de sa classe (enfin un des deux seuls, mais l’autre c’est le mec qui ne parle à personne). Tout le monde l’aime bien, surtout les filles, qui se sentent en sécurité avec lui. « Avec toi c’est pas pareil tu vois, t’es un peu comme un grand frère quoi tu vois? ». Il est toujours là pour ses copines. Il les console en cas de chagrin d’amour, regarde Gossip Girl avec elles et leur donne des conseils mode. Il aime vraiment beaucoup ses copines. Et il en a marre d’être vierge et surtout, il en a marre que toutes ses copines pensent qu’il est gay.
Le mec super sympa aimerait bien qu’on lui fasse au moins un petit câlin. Juste une fois.
L’infirmière scolaire: Elle a donné un sucre imbibé d’alcool de menthe à Antoine pour soigner son début de tétanos causé par le compas rouillé (elle a beau être sur-diplômée, le règlement du lycée lui interdit d’avoir autre chose que de l’alcool de menthe dans sa boite à pharmacie). Elle en veut au monde entier depuis que son mari, le prof de biologie, s’est barré avec une autre femme.
« Je vous déteste. »
La fille qui a des problèmes: Elle fait la gueule. Elle se tient la tête dans les mains. Elle soupire. Mais elle ne veut pas en parler. Ses copines disent « Nan mais c’est bon elle a dit qu’elle voulait pas en parler, quoi ». Quand elle quitte précipitamment la pièce en pleurant, une des copines se lève et la suit avec un air concerné qui dit « Non, laisse, je vais lui parler ». Plus tard, on apprend qu’elle ne va pas bien parce que ses parents se sont engueulé la veille pour une histoire de télécommande.
« Nan c’est bon j’ai pas envie d’en parler tu peux pas comprendre. »
Le mec qui ne parle à personne: Il sera dans la même classe que toi de la 6ème jusqu’à la deuxième année de fac, mais tu ne sauras jamais à quoi ressemble le son de sa voix (qui en fait ressemble à s’y méprendre à celle d’Arielle Dombasle).
« Je vous déteste. »
L’artiste: Elle est en option lourde arts plastiques et ne se sépare jamais de son carton à dessin, même le mercredi matin (elle n’a pas cours d’arts-plastiques le mercredi matin). Elle n’adresse pas la parole aux gens qui ne connaissent pas l’œuvre de Tristan Tzara. Personne ne comprend rien à ses tableaux. Elle met un point d’honneur à ne ressembler à personne: elle porte des dread-locks bleues, des t-shirts à l’effigie de Björk (une chanteuse de la fin du XXe siècle, tu connais pas) et des Converses de deux couleurs différentes. Parfois, sans raison, elle se met à chanter à tue-tête. Et si le prof lui dit quelque chose elle lui répond « j’ai pas le droit d’être heureuse? ».
Son dernier tableau. Personne n’a rien compris, les gens sont nuls.
La fille moche: C’est la meilleure copine de la fille trop belle. Elle n’a pas encore eu ses règles et ses camarades la surnomment « Crotte de nez ». Elle va souvent pleurer dans les toilettes. Elle noie son mal de vivre dans les études et sera admise à Polytechnique à l’âge de 16 ans.
« Mais non Anne-Charlotte, je te jure que ce jean ne te fait pas un gros cul! »
La passionaria: Le plus grand regret de sa vie est de ne pas avoir connu mai 68. Elle a toujours une pétition à faire signer, des affiches à coller. Elle jure qu’elle serait entrée en résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, pas comme tous ces fachos qui ont collaboré. Elle engueule ses camarades, ces fachos qui vont en cours au lieu de faire un sit-in pour réclamer la libération de Nelson Mandela. Elle traite le mec qui parle à personne de facho parce qu’il a refusé de faire partie du service d’ordre de la prochaine manif. Heureusement que le mec super sympa est toujours là pour l’aider à photocopier ses tracts.
La passionaria n’en revient pas de toute ces injustices qui existent dans le monde.
Le professeur d’arts-plastiques: Il est complètement dépressif. Sa carrière dans l’art contemporain a été stoppée en plein vol quand sa femme l’a quitté pour le professeur de biologie. Il est persuadé que ses élèves le détestent (alors que seules la passionaria -qui pense que c’est un facho- et l’artiste -qui pense que c’est un raté- le détestent. Ses autres élèves ne remarquent la plupart du temps pas sa présence.). Il aimerait finir sa carrière sur un suicide collectif.
« Je vous déteste. »

























































































