Hier soir j’ai passé un moment avec Kurt Cobain, Elvis Presley et Ian Curtis.
(Non, je n’ai pas fait de spiritisme.)
Hier soir je suis allée à la soirée « CinéRock>No fun » du Lux, indispensable cinéma d’Art&Essai de ma ville.


19h30: Projection d’About a son, magnifique documentaire sur Kurt Cobain, qui abat quelques clichés que l’on (que je) pouvait avoir sur le leader mythique de Nirvana.
Sans images du groupe, sans bande-son nirvanesque, sans témoignage de personnes ayant connu Kurt (mes camarades de collège, éplorés, l’appelaient par son prénom avec des trémolos dans la voix. J’ai donc gardé cette habitude), le réalisateur de cette merveille choisit ici de ne filmer la vie du chanteur qu’à travers les lieux où il a vécu.
Des images belles et mélancoliques rythmées par la seule voix de Kurt Cobain racontant, avec humour et lucidité sa vie, ses angoisses, son enfance, sa famille, sa musique, au cours d’entretiens réalisés avec son biographe, quelques mois avant sa mort.
Pour résumer, About a son est beau, original, pudique, respectueux, jamais racoleur…
Un chef d’oeuvre, quoi.
… Et vachement mieux que le Last days de Gus Van-Sant (houlala, je sens que je vais me faire taper dessus comme quand je dis que j’ai pas aimé Lost in translation et La vie des autres…).
……
21h45: La talentueuse Stéphanie Brault entre en scène pour nous présenter Mazarine Presley, la fille cachée d’Elvis Presley, dans le one-woman show My daddy was a king (bientôt en tournée partout, surveillez vos agendas culturels mes petits chéris).
Mazarine est née de l’union aussi éphémère que passionnée de sa mère et d’Elvis, et parfois elle ne sait plus trop où elle en est.
Entre l’ombre écrasante de son père et le secret entourant sa seule existence, entre la fierté d’être la fille d’une légende et la solitude qui l’accompagne, entre le mythe et la réalité, Mazarine perd parfois un peu la tête mais nous entraine dans sa folie.
Et on en redemande.
……
22h45: Projection de Joy Division, documentaire de Grant Gee sur qui vous savez.
J’ai a-do-ré ce film qui a l’immense mérite de combler les vides laissés par le décevant Control. Là où Anton Corbijn n’avait fait que spéculer sur les raisons du suicide de Ian Curtis et sur ses déchirements amoureux, Grant Gee nous montre (ou en tout cas me montre, car je dois avouer que de Joy Division je ne connais que la chanson que je n’ai même pas besoin de vous citer tellement elle est connue, et qui est quand même, il faut bien le dire, une des plus grandes chansons du XXème siècle) l’immense révolution musicale qu’a provoqué Joy division à la fin des années 70.
Loin du point de vue excessivement subjectif de Control (franchement, comment voulez-vous faire un biopic objectif en adaptant le bouquin de la veuve cocue de Ian Curtis? Hein?), le documentaire de Grant Gee décrit avec intelligence et humanité la naissance d’un mythe, entre punk et pop.
Yeah.


