« Nan mais t’as écouté les paroles franchement? »

« Mais elles sont pas libérées les filles du clip, elles sont EX-PLOI-TÉES enfin! »

« Il a une de ces têtes de maquereau en plus, Robin Thicke! »

 

« Allez ma grande, au boulot! »

 

« Et en plus Pharrell il met pas de chaussettes avec ses mocassins, c’est ridicule. »

« Les femmes ne sont pas des objets, merde! »

« C’est des mocassins ou des derbies? »

Pharrell est un peu dégoûté, il a hérité du costard en papier alu et des mocassins derbies sans chaussettes.

 

« T’as vu la parodie du clip faite par des féministes? Géniale hein? »

« Si tu savais comme j’en ai MARRE de cette exploitation continuelle du corps féminin… »

etc.

J’ai passé l’année 2013 à poster des vidéos et des articles énervés sur Facebook pour dénoncer Blurred Lines.

C’est vrai quoi, merde à la fin!

 

Et je ne retire rien de tout le mal que j’ai pu dire de ce clip et de ces paroles horriblement sexistes.

 

OUAIS PARCE QUE LE PROFESSEUR DEBBIE ELLE SE LAISSE PAS EMMERDER PAR LES MACHOS ET LE PATRIARCAT, OKAY?

Sauf que.

Sauf que j’ai un problème.

Oui, je souffre d’un cas rare de dédoublement de la personnalité.

Il faut que je vous dise la vérité.

Vous avez le droit de connaitre la vérité…

(oui, le Professeur Debbie sait ménager le suspense.)

 

C’est quelque chose que j’ai réalisé il y a quelques semaines, dans le vestiaire de la piscine municipale, alors que j’appliquais de la crème Dermophil indien © sur mon visage et que  la radio diffusait le tube de Robin « gros maquereau puant » Thicke.

Voilà:

JENEPEUXPASM’EMPECHERDEBOUGERMONBOULESURCE MORCEAUTELLEMENTJELETROUVETROPBIEN.

Voilà, c’est bon, je l’ai dit.

J’ai honte.

Ne me jugez pas.

Désolée.

Adieu.

Un jour vous me pardonnerez.

(je reviens, je vais me flageller avec Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir)

 

 

Le Professeur Debbie, obligée de se cacher pour danser sur Blurred lines.

« I know you want it,  I know you want it… »