J’ai ce truc avec Michel.

Depuis toujours.

……

Ça a commencé très jeune, lorsque j’avais 11 ans. Les parents de ma meilleure copine Diane étaient fans de Michel, et quand on était en voiture et qu’il passaient du Michel sur l’autoradio familial, je faisais semblant de dormir pour que la mère de ma meilleure amie dise à son mari de baisser la musique.

(J’étais fourbe quand j’étais gamine.)

……

Plus tard, c’est lorsque ma conscience féministe s’est développée que j’ai réalisé la teneur machiste de la plupart des textes de Michel.

Regardez Je vais t’aimer, par exemple. Cet hymne à l’amour charnel faisant passer Que je t’aime de Johnny pour une berceuse.

……

Je vais t’aimer, c’est une célébration du pénis de Michel, un chant viril à la gloire de sa vigueur sexuelle, une ode à son phallus, un éloge de sa mâle puissance, un râle de taureau en rut…

Je vais t’aimer c’est un marathon, une épreuve, une compétition acharnée, Je vais t’aimer c’est tous les sports des Jeux olympiques réunis dans un seul lit, Je vais t’aimer c’est un challenge, un combat, un duel… Mais à aucun moment ce n’est une déclaration d’amour, et à aucun moment Michel ne laisse place à la parole de la femme. La femme qui n’est ici qu’un réceptacle de la prétendue puissance virile de Michel. La femme qui n’a plus qu’à ouvrir les cuisses et se montrer reconnaissante que quelqu’un ait enfin eu les tripes de la trousser gaillardement.

Ici, « Je vais t’aimer » ne sonne pas comme une promesse mais comme une menace. (« Tu vas voir ce que tu vas prendre, s*****!« )

Mais regardez plutôt:


A faire pâlir tous les Marquis de Sade
A faire rougir les putains de la rade

A faire crier grâce à tous les échos

A faire trembler les murs de Jéricho (Oui, Michel n’a pas peur de citer la Bible)

Je vais t’aimer (Non ça va aller, merci)
A faire flamber des enfers dans tes yeux
(Conjonctivite?)
A faire jurer tous les tonnerres de Dieu
A faire dresser tes seins et tous les Saints
(Jeu de mots avec Seins et saints, il fallait y penser)

A faire prier et supplier nos mains

Je vais t’aimer (Encore?)

Je vais t’aimer (Oui ça je sais)
Comme on ne t’a jamais aimée
(Et bah qu’est ce que t’en sais? T’étais là?)
Je vais t’aimer
(Sans déconner)
Plus loin que tes rêves ont imaginé
(Oui je ne suis qu’une femme, j’ai très peu d’imagination)

Je vais t’aimer je vais t’aimer

Je vais t’aimer
Comme personne n’a osé t’aimer (Heureusement que Michel est là quand même)

Je vais t’aimer (Ça devient lourd, là)

Comme j’aurais tellement aimé être aimé (Gay?)
Je vais t’aimer je vais t’aimer
(Oui mais non, parce que c’est à dire que ça va finir par faire mal, à force)

A faire vieillir à faire blanchir la nuit (Michel, l’Homme Javel)
A faire brûler la lumière jusqu’au jour (Voilà, je savais bien que ça finirait par brûler)
A la passion et jusqu’à la folie
Je vais t’aimer je vais t’aimer d’amour

A faire cerner à faire fermer nos yeux (Michel, l’Homme qui te fait fermer les yeux tellement il nique bien)

A faire souffrir à faire mourir nos corps (Michel, l’Homme qui te tue tellement il nique bien)

A faire voler nos âmes aux septièmes cieux
A se croire morts et faire l’amour encore
(Ça s’appelle du priapisme, ça)

Je vais t’aimer

(Refrain.)

……

BREF

Un jour, si j’en ai le courage, je vous parlerai de Femmes des années 80, où Michel vit « L’étrange drame d’être une femme« . No comment.

Je vous parlerai aussi d’Une fille aux yeux clairs, hommage larmoyant à sa mère. Sérieusement, vous devriez lire les paroles, elles sont à tomber.

Jacky, la maman de Michel, à droite sur la photo.


Je pourrais aussi vous parler des Lacs du Connemara, hymne pompier à la gloire de l’Irlande où Michel n’avait à l’époque jamais mis les pieds.

Je pourrais aussi vous parler des Villes de grande solitude, où Michel (qui se met dans la peau d’un mec pas gentil, houlala attention hein) rêve de violer des femmes (et après on s’en prend à Orelsan?).

Je pourrais aussi parler de Je suis pour, où Michel dit qu’il est pour et dit que les philosophes sont des imbéciles (Ha oui je me disais aussi).

Je pourrais aussi évoquer Le surveillant général, où Michel parle de cette femme un peu trop fière qui se refuse à me donner un peu plus que le nécessaire (la vie de ma mère ce sont les vraies paroles).

(Franchement, au lieu de tresser des couronnes de lauriers à Michel, la France ferait mieux d’écouter La Confédération du bricolage. Rien à voir mais bon, ils passaient par là alors je me suis dit tiens je vais parler d’eux sur mon blog)

En vrai ils sont 5 mais ça rentrait pas dans le Photomaton.

Non.

Les vacances du Professeur Debbie à Arles ne se sont pas résumées qu’à ça:

Voilà ce qui arrive quand on porte des corsaires avec des collants roses.

À ça:

Le Professeur Debbie cataclope.

Ni même à ça:

Le Professeur Debbie s’essaye à l’aquarelle

Non non non, je n’ai pas fait que ça.

J’ai aussi découvert, grâce à la mirifique amie qui m’accueillait, un nouveau magazine féminin vachement bien: Causette.

Causette c’est féminin, c’est féministe, c’est drôle, c’est malin, c’est impertinent, c’est sexy et ça nous prend pas pour des connes.

On veut toutes acheter Causette!!! (c’est vrai quoi, ça vous saoule pas, cette façon qu’ont les magazines féminins de dire « On veut toutes porter un sarouel!!! » ou « On va aimer le nouvel album de Vincent Delerm!!!« .)

Une fois je regardais un truc sur le festival d’Avignon sur Arte (y’avait rien sur E! ce jour-là) et à un moment la maire de la ville dit « Alors je profite de l’occasion pour dire qu’on ne dit pas EN Avignon mais À Avignon, alors qu’avec Arles c’est l’inverse, voilà bonne soirée aux téléspectateurs d’Arte! »

Mais en même temps quand je dis ça tout le monde, même monsieur Debbie, me dit « N’importe quoi on dit EN Avignon, et on dit LE maire d’Avignon même si c’est une femme« .

Oui mais ça je m’en fous.

Alors, une bonne fois pour toute:

On dit « Je vais EN Arles » ou « Je vais À Arles »?

Parce que j’y pars demain pour une semaine et du coup j’aimerais bien savoir, quoi.

Enfin bref, bonne suite de vacances,  Professeur Debbie!

Une bien belle arlésienne