Paul Newman est mort.



Paul Newman est mort.



Oui, j’ai un baobab géant dans la main, et j’adore ça.
Toujours dans l’esprit « rien ne se perd, etc. » qui est le mien, je vais aujourd’hui encore poster un article qui était censé paraître dans le prochain numéro de L’Encrenage, la revue-mystère qui se cache dans la forêt pour pas qu’on la trouve.
Il s’agit d’un épisode de ma rubrique nommée Le Blog de Papier. Oui, ce nom vous dit quelque chose, et c’est normal car cette rubrique est un peu la maman, ou la grande soeur du blog que vous avez sous les yeux.
La version papier, quoi.
Mais j’en avais déjà parlé là, pour ceux qui ne suivent pas.
Allez, hop:
……………………………………………………………………….
Saison 3:
Jeudi 27 décembre: « Bring out your dead! »
- Moi ma mère a pleuré
- Ha ouais? Moi c’est mon oncle.
- Moi mon père s’est battu avec mon cousin, c’était marrant
- M’en parlez pas, moi j’ai du consoler ma grand-mère toute la soirée après que ma sur soit partie en claquant la porte
- Moi on m’a accusé toute la soirée d’être stalinien!
- Et moi d’être mitterrandienne!
- Moi mon frère est définitivement brouillé avec mes grands-parents paternels
-
.
-
.
-
.
- Vous pensez que c’est possible d’éviter les fêtes de famille tant que Sarkozy sera président?
Lundi 31 décembre, la saint Sylvestre: Pourquoi ai-je mis des bottes à talons? Ce n’est vraiment pas pratique pour faire des pogos sur Trust.
Dimanche 6 janvier, l’Epiphanie: Un complot? La malchance? Le mauvais il? Une malédiction? Car de toute ma vie, JAMAIS je n’ai réussi à avoir cette foutue fève. Jamais.
![]()
Lundi 14 janvier: Première du Malheur de Job, la dernière création de Jean Lambert-Wild au CDN de Caen (14). Dix minutes d’une jolie idée (un mystérieux homme volant au milieu d’une nuée de sacs plastiques) pour une heure de slam assez pénible. Je n’ai rien contre Dgiz, le slameur-comédien de la troupe de JLW, mais je ne supporte pas le slam, désolée.
Mercredi 30 janvier: Je développe au cours du dîner auquel je suis invitée ce soir la théorie dite de La Onzième Personne. Prenez onze personnes réunies autour d’une table: 11 = 10 + 1 = 5 x 2 convives brillants (écrivains, profs de fac, thésards, prix nobels d’économie, neurochirurgiens, énarques ) en train d’avoir une conversation brillante + 1 convive fumant clopes sur clopes dehors dans le froid, avec un chat un peu collant sur les genoux, se demandant pourquoi elle a séché tous ses cours de philo au lycée = Les dîners comportant un nombre impair d’invités sont rarement à mon avantage.
Jeudi 31 janvier: Ce soir, dans le cadre du festival littéraire Transversales organisé par l’IMEC de Caen et votre revue préférée, l’écrivain Arnaud Cathrine (non je n’ai pas fait de faute d’orthographe, ça s’écrit bien comme ça) et le chanteur Florent Marchet présentent leur uvre commune, Frère Animal. Une lecture musicale écrite à quatre mains et déroulant, à travers plusieurs personnages, la vie d’une petite ville dévouée à l’usine du coin, la mère nourricière leur garantissant un emploi. En dix-neuf tableaux, Cathrine et Marchet dressent le portrait de sept personnages, (le retraité de l’usine-mère, le DRH, l’ado révolté, sa petite amie, son père ) écrivant à travers eux la chronique d’un monde pressé abandonnant sur le bord de la route ceux qui, par révolte ou par faiblesse, ne suivent pas la cadence. Frère animal est un objet inédit, littéraire et musical, drôle et triste, sombre et badin.
Samedi 2 février, la Chandeleur: Une crêpe sans Nutella ne peut pas être considérée comme une véritable crêpe. C’est comme imaginer Paris sans la Tour Eiffel, Las Vegas sans Casinos ou Berlin sans le mur de Berlin. Non?

Mardi 5 février: Buck 65 en concert, ce soir à Caen! Il ne doit pas y avoir beaucoup plus de soixante-dix spectateur à s’être déplacés pour venir écouter (et regarder, aussi, ses non-chorégraphies valent le détour ) le sympathique Richard Terfry, petit génie de l’anti-folk que j’avais découvert quelques années auparavant à la Route du Rock, et auteur d’une des plus belles chansons du monde, Blood of a young wolf (rien que le titre me renverse les tripes).
Pétri d’influences hip-hop, folk et blues, Richard/Buck 65 tient la scène à lui seul, armé d’un clavier et de son lap-top, (et sûrement d’autres machines pour faire des sons, affublées de noms étranges genre Roland XB 2000) débitant entre chaque morceau des théories sur les jambes de Johnny Hallyday ou la difficulté de trouver des DVD de Damien Odoul sous-titrés en anglais.
Ce type est extrêmement talentueux, drôle et attachant, et mériterait d’avoir une salle pleine à craquer la prochaine fois qu’il viendra nous voir.
Lundi 11 février: J’inaugure mon blog. Un vrai blog cette-fois ci, sur Internet, avec un pseudo (Debbie) et tout! C’est chronophage (tiens, mon correcteur d’orthographe m’informe que ce mot n’existe pas ), parfois énervant (les spams vantant les mérites de casinos on line qui inondent mes commentaires, à quand les pubs pour agrandir mon pénis?), parfois difficile à assumer (« Ouiiii, booooon, j’ai toujours dit que je n’aurais jamais de blog mais tu voiiis c’est surtout une vitrine pour la revue en fait, hein »), mais finalement assez rigolo à faire! Pour me lire, me laisser pleins de commentaires très gentils et me dire que je suis formidable, rendez-vous à l’adresse: http://lencrenage.free.fr/blog/.
Vendredi 15 février: Ma commande passée sur un site internet très connu (il porte le nom d’une position du Kama-Sutra) arrive incomplète: Il y a bien l’album de Moriarty (finalement assez décevant, malgré le sublime premier morceau Jimmy) mais quid du dernier Cat Power? Un facteur amoureux de la voix de camionneuse sexy de Chan Marshall aurait-il subtilisé mon achat? Qu’il se dénonce, le salaud.
Pendant qu’on y est, qui est l’******* qui m’a emprunté mon album de Godspeed You et mon DVD de l’Exorciste sans me les rendre?
Dimanche 17 février: Juno, de Jason Reitman. Comment une lycéenne affronte une grossesse surprise, et comment on parvient à en faire un film charmant, dénué de tout pathos moralisateur. Porté par la très charismatique Ellen Page, (qui traversait les murs dans X- men 3 et séquestrait un pédophile présumé dans Hard Candy) ce parfait Feel good movie prend le parti de ne pas transformer une grossesse précoce en drame social, prenant plutôt la forme d’une chronique douce-amère sur la difficulté de s’engager, à tous les âges de la vie. Comme une cerise sur le gâteau, la B.O est extraordinaire, ce qui n’enlève rien au plaisir: Cat Power (sa reprise belle à pleurer de Sea of love), les Moldy Peaches, Belle and Sebastian, le Velvet…
Lundi 18 février: C’est lundi, c’est DVD! Je vais tenter de rattraper l’impardonnable retard accumulé en 2007, en louant notamment Raisons d’état de Robert de Niro, et Half Nelson de Ryan Fleck.
Raisons d’état: Après la série des «dans la peau» (La mémoire, La mort, La vengeance, Le rythme
) et The departed de Scorsese, Matt Damon confirme son génie des rôles ambigus.

Treize ans après Il était une fois dans le Bronx, Robert de Niro offre ici à Damon un rôle d’homme double, un animal de sang-froid participant à la création de la CIA, abandonnant en chemin une épouse (Angelina Jolie est poignante dans le rôle de l’épouse broyée par le secret d’état) et un fils crevant de solitude.
Malgré ce que suggère l’affiche française («découvrez la véritable histoire de l’organisation la plus puissante du monde»), De Niro choisit aussi de mêler habilement la fresque historique et la chronique intimiste, trouvant un parfait équilibre entre la petite histoire et la grande. Ici la raison d’état est le réceptacle de névroses familiales, d’une quête éperdue du père, de frustrations et de rancurs accumulées, le bon pasteur Matt Damon (le titre américain, The good shepherd, fait référence à un passage de la Bible) se réfugiant derrière l’honneur et la loyauté pour justifier son cur de pierre.

Half Nelson: Ou comment un jeune homme brillant (Ryan Gosling) se laisse sombrer dans son enfer personnel. Dan Dunne enseigne l’histoire dans un lycée du Bronx. Dan est beau, Dan est brillant, Dan aime son travail mais il est aussi dépressif et accro à toutes sortes de drogues.
Drey (Shareeka Epps) a treize ans, c’est une élève de Dan. Drey est noire, issue d’un milieu défavorisé, vit avec sa mère souvent absente, et sympathise avec un dealer de son quartier. Un jour, elle surprend son professeur fumant du crack dans les toilettes du lycée.
C’est la rencontre de ces deux solitaires que va raconter Half Nelson, deux individus se trouvant à un moment crucial de leur existence, quand tout peut basculer, vers les ténèbres comme vers l’espoir. Entre ombre et lumière, Half Nelson est un film initiatique confrontant les contraires, où comment un professeur va chercher la rédemption auprès de son élève.

Déjà remarqué dans Danny Balint (2001) et le mélo N’oublie jamais (2004), Ryan Gosling est tout simplement bouleversant, débordant de charme et de mal-être. On se noie dans ses beaux yeux tristes, on se laisse happer par sa mélancolie mais, comme lui, on finit par se raccrocher au regard déterminé de la jeune Drey. Half Nelson est un grand, un beau, un remarquable film sur la difficulté de trouver une place sur Terre, sur le besoin de disparaître, sur la recherche du salut.
Samedi 23 février: Marion Cotillard remporte l’oscar de la meilleure actrice pour La môme. Je n’ai pas vu le film, je ne compte pas le voir et je suis même pas sûre de trouver supportable la prestation grimaçante de la jolie Cotillard (la mauvaise foi, c’est bon pour les artères), mais je dois avouer à ma courte honte que mon chauvinisme cinéphile a été quelque peu flatté par l’annonce du triomphe de la frenchie C’est nul, non?

Dimanche 24 février: Casse-toi, pauvre con!
Mercredi 27 février: Je vais voir Redacted, le dernier De Palma. A la sortie de cette charge violente contre la guerre en Irak et les exactions commises par certains soldats américains, je me pose une seule question: Pourquoi ne suis-je pas restée chez moi pour regarder la télé? Il y avait sûrement une rediffusion de Joséphine ange gardien, un bêtisier des Enfants de la télé ou un concert des Enfoirés!… Tout, (enfin presque tout, parce que le Téléthon par exemple c’est vraiment trop déprimant) mais, pitié, pas ce film montrant des enfants morts et des scènes de viols réalistes!
Visiblement très en colère contre son pays, Brian de Palma ne nous épargne aucun détail malsain dans sa quête de vérité sur le conflit irakien. Il passe en outre à côté de son projet (confronter les différents points de vue sur un seul événement) en nous imposant un maelström de scènes interminables mettant en scène des soldats n’en finissant pas de se demander ce qu’ils font là, à travers le regard de documentaristes français, de fondamentalistes musulmans ou d’un soldat apprenti-réalisateur. De Palma nous propose tant de points de vues différents et pas forcément pertinents qu’on finit par se détacher de ce film bancal, plus proche du snuff movie que du projet expérimental, regrettant presque l’époque où il commettait son adaptation du Dahlia noir.
Mercredi 5 mars: Paris, de Cédric Klapisch. Le dernier opus du prolifique Klapisch (une dizaine de films en 15 ans) tient toutes ses promesses. Un casting à tomber par terre, des dialogues dédiés au talent de ses comédiens, une caméra sensible traitant la ville lumière comme une vieille amie
Paris est une uvre touchante, un film choral comme je les aime, fourmillant d’histoires simples et essentielles, servies par des comédiens visiblement ravis d’être là: Les vieux habitués Romain Duris et Zinedine Soualem, les lumineuses Juliette Binoche et Mélanie Laurent, Fabrice Luchini sachant pour une fois s’effacer derrière son rôle, un François Cluzet drollissime, les géniaux Albert Dupontel et Karin Viard (prodigieuse en boulangère raciste)
Un réalisateur devenu incontournable, à l’heure où cinéma populaire rime avec Ch’tis ou Astérix…
Samedi 8 mars: Je songe sérieusement à mettre ma main dans la figure du prochain type qui me souhaitera bonne fête. La Journée de la Femme est un coup du lobby des fleuristes. Qu’on se le dise!
Je veux me marier avec cette fille tellement elle est drôle.
Il y a fort longtemps, j’ai évoqué sur ce blog une soirée concerts à laquelle je suis allée en promettant plus de détails dans le prochain numéro de la revue à laquelle je participe.
Sauf que pour des raisons techniques, le numéro n’est toujours pas sorti!
Alors je me suis dit: »c’est dommage que personne ne lise ce compte-rendu de soirée, tout de même, surtout les gens qui y ont participé, hein. »
En plus c’est un article inédit de Siouxie Jett, rock-critic intérimaire et cousine du Professeur Debbie.
Alors voilà:
Dans la purée jusqu’au cou.
Vendredi 22 février 2008: Le Cargö (Caen) accueille le collectif Purée Noire pour une soirée dantesque, organisée dans le cadre de la quatrième édition de l’Etrange festival, et à l’occasion de la sortie du dernier album de Princesse Rotative. Je compte bien obtenir une interview de mes amis artistes, faire la fête avec eux, et pourquoi pas un petit buf? Pour l’occasion j’ai apporté ma Gibson double manches, chaussé mes plus belles santiags et revêtu mon perfecto préféré, celui avec les clous et l’écusson The Misfits.
Attention mes chéris, ce soir c’est sexe, drogue et rock’n'roll au pays du Camembert!
Par Siouxie Jett, envoyée spéciale.
20h00: Le taxi me dépose au Cargö, sympathique salle de concert caennaise visiblement friande de trémas incongrus. J’aborde un jeune chevelu looké emocore pour lui demander où se trouve la liste VIP. Devant son air perplexe et son T-shirt My Chemical Romance, je lui rappelle (au cas fort peu probable où il ne le saurait pas) qui je suis, et qu’il y a forcément mon nom inscrit quelque part sur une liste d’invités spéciaux. Ce jeune fou incompétent me réplique, non sans une certaine insolence d’ailleurs, que la soirée est gratuite, et qu’il n’existe donc pas de telle liste. Et en plus il me tape une clope.
20h05: Je laisse le jeune inconscient à son ignorance et son eyeliner, dépose ma gratte au vestiaire et vais au bar siroter un verre de vin rouge, histoire de me mettre dans l’ambiance. J’en profite pour regarder la sélection de films très bizarres choisis par le Lux, aimable cinéma caennais organisateur de l’Etrange festival. Amateurs de Walt Disney, passez votre chemin. Ici on aime les sensations fortes.
20h08: Il est bon, ce vin! Un petit deuxième pour la route, et je me mets à mon article. La salle se remplit de plus en plus, je suis donc obligée de jouer des coudes pour attirer l’attention du barman.
20h15: C’est étrange tout de même, personne ne semble me reconnaître, et mes amis artistes sont aux abonnés absents. Je vais prendre une bière, ça les fera venir.
20h20: J’essaie d’appeler un de mes amis artistes afin d’obtenir un pass pour les backstages ou le bar VIP. Oui, je connais tous les intervenants de la soirée, du machino aux musiciens, en passant par le vidéaste. C’est ça, ma vie!
20h22: Mon ami artiste ne répond pas. J’essaie d’en appeler un autre. Personne. Ils sont concentrés sur leurs concerts à venir, c’est normal. Je les connais, les musicos, et leur fameux trac d’avant de rentrer sur scène! Le trac, ça va avec le talent, c’est bien connu. Mais bon, quand même, c’est bizarre qu’il ne réponde pas.
20h28: Mon portable regorge de numéros de téléphones d’amis artistes. Je les compose un à un.
20h35: C’est étrange, aucun de mes amis ne me répond. Ils ont tous oublié leurs téléphones ou quoi?
20h45: Je reprends une bière. C’est tout de même incroyable que je sois obligée de payer!
20h58: Un grand échalas affublé d’un masque de bestiole à poils rouges surgit sur scène pour nous annoncer le concert à venir, nous déclamant un texte digne d’un Jacques Martin sous trip ou d’un Pascal Sevran sobre. Avec un freak pareil en guise de Monsieur Loyal, je pense que je peux dire que la soirée s’annonce bien!
21h00: Enfin une bonne nouvelle, voilà mes chers amis de Cocktail! Ce groupe précédemment évoqué par l’auteur de ces lignes (voir l’Encrenage n°10) débute son set par une interprétation sauvage de Bullet in your head des Rage against the machine, suivi de bijoux tels que le Cannonball des Breeders (haaaa, le fameux «touloudoudoumdoudoum» du début! ), Babe I’m gonna leave you des Led Zeppelin (ça m’a rappelé tant de souvenirs de tournées avec eux!), Standing in the way of control de Gossip, et des tas d’autres morceaux imparables de QueenAdreena, PJ Harvey ou Shannon Wright, incarnés par des performers véritablement possédés, jetant leurs tripes sur la scène, laissant le spectateur extatique. Yeah!
21h50: Une apparition: Viviane Sodo. La performeuse moustachue, le Chaplin en slip, la déjantée au sourire de majorette nous lessive le drapeau français au son du générique de Château-Vallon. C’est n’importe quoi, c’est bizarre, c’est drôle, et je me dis qu’entre ça et le freak emperruqué de rouge, les performers de ce soir sont particulièrement en forme. Allez hop, une bière pour fêter ça!
22h00: Je reprends une bière en admirant la prestation de Darling, groupe de rock indé-à vif nantais, mené par la vibrante Céline Chalet. Toujours pas de nouvelles de mes amis artistes. Le recueillement avant la scène, sans doute.
22h45: C’est décidé, je prends les choses en mains. Une autre bière et je vais en backstage. Ce n’est quand même pas un videur qui va m’empêcher de rentrer dans les coulisses, tout de même! Est-ce qu’il était né, lui, quand je partais en tournée avec les Ramones ou les New York Dolls? Ha bon, il était né et faisait le service de sécurité de leurs concerts?… Hum.
23h00: J’ai tout essayé. De l’argent, une bière, des cigarettes, une photo dédicacée, un dîner avec moi, un week-end tout frais payés à Chamonix, un stage à l’Encrenage avec carte de photocopies illimitées et frites à volonté au self, ma petite sur Je l’ai même menacé, mais rien n’y a fait. Ce videur est incorruptible, allant même jusqu’à faire semblant de n’avoir jamais entendu parler d’un salon VIP! Ils ont changé les videurs, depuis la belle époque du CBGB’s! Où est passée la rock’n'roll attitude?
23h10: Le directeur de la salle ne veut rien entendre! Non je n’aurais pas de pass, et le fait que je connaisse les artistes n’y changera rien puisque tout le monde ou presque, dans cette foule compacte, connaît les artistes. En revanche, il veut bien m’offrir une vodka si j’arrête de lui parler d’un salon VIP qui n’existe pas. Je ne dis pas non.
23h12: Je croise le grand échalas à poils rouges de tout à l’heure. Lui non plus ne veut rien entendre, mais il m’offre une vodka-jus de canneberge, parce que c’est assorti à son masque, me dit-il. Sympa, le freak.
23h15: Voici venir les membres de La Confédération du bricolage, mythique groupe caennais puisant son inspiration démente dans des groupes comme Unsane, Ezekiel, Girls Against Boys, Suicide ou même Black et Decker (ça c’est eux qui le disent). Sombre, puissant et ravageur, le son insensé de la Conf’ est ce soir illustré par les vidéos du talentueux Maxime Allex. Tiens, ce nom me dit quelque chose Bon sang, mais c’est biensur! Maxime Allex n’est autre que le graphiste-éditorialiste de la revue L’Encrenage, et le webmaster du blog de ma cousine Debbie! Peut-être pourra t-il m’obtenir un pass VIP!
23h16: Je crie, je saute, je fais de grands gestes avec mes bras en direction de la scène, mais les membres du groupe ne semblent pas me voir. Je vais reprendre un peu de cette délicieuse vodka, en attendant. Il ne s’agit quand même pas de se laisser abattre, hein.
23h45: Hé hé, un autre videur à l’entrée des backstages! Celui-là va me laisser rentrer, c’est sûr! Une petite bière, et j’y vais!
23h55: C’est incroyable, j’aurais juré que ce n’était pas le même videur Mais il ne va jamais faire pipi ou quoi?
23h58: Un gin-tonic à la main, je vais me défouler sur la piste, au son de mon morceau préféré de la Conf’, Je veux une arme. Une déflagration hypnotique entrecoupée de samples d’une voix affolée réclamant une arme,(comme l’indique fort judicieusement le titre du morceau).
23h59: On me prie de descendre de la scène.
00h05: Un rhum orange, pour me rafraîchir. C’est fou ce qu’il fait chaud. Il y a vraiment beaucoup de monde. Cette soirée est un vrai succès. J’ai vraiment très chaud.
00h12: Le videur (un autre, cette fois) vient me rendre mon soutien-gorge en me disant que non, les membres de la Confédération du Bricolage ne sont pas intéressés. Savent pas s’amuser, ou quoi?
00h15: Princesse Rotative arrive sur scène, sous les cris d’un public chauffé à blanc. C’est incroyable, ça, ils se succèdent tous sur scène, ils sont tous là, et pas un seul n’accepte de venir me voir! Je vais me chercher un whisky-Coca.
00h17: Allez, un deuxième whisky, avec du Fanta pamplemousse, cette-fois.
00h22: Sirotant une vodka-kiwi, je profite du concert de la Princesse et de ses guests Abigaïl Green, Arnaud Léger et Célestin Van de Gamel (remplaçant l’indomptable Cowboy le temps d’un morceau). Ils sont vraiment talentueux, ces petits, mais pourquoi font-ils semblant de ne pas me voir? J’ai beau m’agiter devant eux, ils continuent à m’ignorer. Et qu’on ne me dise pas que leur indifférence à mon égard est due à la prétendue concentration de l’artiste sur scène! Je les connais, moi, les artistes! Payés à rien faire et juste bons à vivre à nos crochets!
00h30: Tequila-grenadine.
00h31: La jeune grue fan de reggae debout à mes côtés m’affirme que je l’empêche de profiter du concert. Il paraît que je crie plus fort qu’Abigaïl Green. Casse-toi pauvre conne, je lui dit. On se bat.
00h35: Le break-core électrisant de Princesse Rotative finit cependant par me retourner les tripes, et lâchant les cheveux de la jeune grue je laisse, enthousiaste, mon corps s’abandonner à la rythmique furieuse du caennais fou.
00h37: Pourquoi tout le monde me regarde bizarrement? Tiens, c’est marrant, Yannick Lecoeur de Princesse Rotative ne porte plus son masque de chien orange. Je le voyais pas comme ça, sans son masque. Il fait chaud, non?
00h39: J’ai vraiment vomi tout ça?
00h40: La jeune grue me fait une crise d’hystérie, tout ça parce que je lui ai arraché deux-trois dread locks. Pas très rock’n'roll, la jeune grue. Le vomi sur ses vêtements, ça c’est rock’n'roll, en revanche!
00h52: Mezcal-Jet 27.
01h00: Je vais me repoudrer le nez aux toilettes. Une bande de pétasses m’empêche d’atteindre le miroir.
01h01: J’ai vraiment chaud. «Mais poussez-vous les morues, merde!!!» Que je dis aux morues qui se regardent les dread-locks dans la glace.
01h05: Qu’est ce que je fais avec ce masque de chien orange sur la tête? Et pourquoi ais-je un masque de freak à poils rouges à la main?..
01h15: La soirée se termine doucement. Ma tête est lourde. J’ai sommeil. J’ai chaud. Je suis sur des roulettes russes. Ou des montagnes russes, je sais plus. Pitié, qu’on ne me parle pas des russes, ce peuple qui a inventé la vodka.
06h42: Je me réveille avec un chantier de démolition dans la tête, un chien orange pour compagnon, et le foie un peu douloureux. J’ai perdu mon soutien-gorge. Que font ces policiers dans ma chambre?
06h45: Où est ma chambre?
Si vous mourrez d’envie d’avoir plus de détails sur cette formidable soirée, allez là, là, et puis là et aussi là.

Toujours dans une volonté d’élever un peu le niveau de ce blog, et de continuer ma grande saga des Selon le Professeur Debbie (bientôt en DVD), j’ai décidé de vous ouvrir ma bibliothèque, même si vous ne me l’avez absolument pas demandé.
Aloooors… quels sont les livres préférés du Professeur Debbie?
Comme je l’avais déjà dit à mes débuts, j’ai dû lire Au Bonheur des dames environ quatre mille six cents vingts deux fois depuis l’âge de treize ans, l’année où je l’ai étudié en cours de français.

A l’époque je crois bien que j’étais la seule sale chouchoute de la classe à l’avoir lu en entier, sans même jeter un oeil au « Profil d’une oeuvre ». Car oui, à l’époque,non seulement je lisais des livres mais j’étais en plus dotée d’un physique (environ trois têtes de plus et 70 kilos de moins que la pluparts des êtres vivants du même âge) et de goùts musicaux (je n’écoutais pas Nirvana, l’horreur, quoi) me mettant au ban de la petite société du collège où j’étais alors…

Mais ne vous inquiétez pas car depuis je me suis bien vengée: j’ai assassiné tout mes camarades de classe lors du bal de fin d’année!
Bref, autant vous dire Zola aura été la grande découverte de mon adolescence. Avec la drogue, l’alcool et les orgies, évidemment.
Mais Zozo n’est qu’un des rares français de mon panthéon littéraire (avec Marc Lévy, Guillaume Musso et Alexandre Jardin, bien sûr, ha ha!) car je suis en général plus attirée par les auteurs anglo-saxons et contemporains.
Car je ne me l’explique pas, dans une librairie je vais toujours vers les auteurs étrangers et contemporain, au même titre que dans les boutiques de fringues je me dirige toujours instinctivement vers le rouge et le noir. Non… je ne parle pas de Stendhal, là, je parle de fringues… arrêtez de m’embrouiller, c’est déjà suffisamment compliqué comme ça.
Dans mon panthéon il y a donc un écrivain -forcément- extraordinaire, auteur de trois de mes livres préférés: un anglais nommé Jonathan Coe, roi du best-seller de bonne qualité.
Jonathan Coe est l’auteur d’un roman en deux tomes relatant la vie d’une bande d’amis sur trente ans, de Thatcher à Tony Blair, de l’Angleterre des grêves et du punk à celle du libéralisme et des désillusions post-travaillistes. Bienvenue au Club (2003) et Le cercle fermé (2006) forment un dyptique désabusé sur l’état politique et social de l’Angleterre, une histoire intime de ces trente dernières années. J’aime tellement ces livres que j’envie les gens qui ne les ont pas encore lus.

De la même façon que j’envie les gens qui n’ont pas encore lu une autre oeuvre de Jonathan Coe, Testament à l’anglaise, le roman qui l’a rendu célèbre.
Dans le même esprit que Bienvenue au club et Le cercle fermé, Coe dresse le portrait d’une grande famille anglaise, des années 40 à nos jours, établissant à cette occasion une chronique de l’Histoire anglaise. Mêlant roman policier, brûlot engagé et chronique sociale, Jonathan Coe compose aussi une galerie de portraits tous plus cruels les uns que les autres.

Je vous ai dit que j’adorais ou pas?
Sinon, et j’en ai déjà parlé, je suis une très, très grande fan de l’américain Dennis Lehane, nouveau roi du polar découvert grâce à une amie qui m’a littéralement mit Shutter Island et Un dernier verre avant la guerre dans les mains, genre « Il faut abssssssoooooooolument que tu lises çaaaaaa!!!!!!! ». Inutile de dire qu’elle a eu raison, sauf qu’elle ne m’a rien dit sur la façon de gérer la terrible dépression qui survient quand on a fini toute la série des Kenzie-Gennaro, les détectives privés créés par Lehane.

Dennis Lehane, un putain d’auteur.
Dans mes autres livres préférés de toute la vie, je me dois aussi de citer:
American Tabloïd (1995) de James Ellroy, description obsessionnelle de l’Amérique des Kennedy, le genre de livre qui vous fait définitivement regarder le monde d ‘un autre oeil.
Glamorama de Bret Easton Ellis (2000), plongée dans le monde de la mode par le créateur du yuppie psychopathe d’American Psycho. le genre de livre qui vous fait définitivement regarder la moindre photo de mode d’un autre oeil.
Le destin miraculeux d’Edgar Mint de Brady Udall (2003), un destin déglingué, une vie de tribulations improbables, le roman américain comme je l’aime.

Middlesex de Jeffrey Eugenides (2003), encore une de ces chroniques sociales dont je me délecte, des années 20 aux années 70 une descrition de l’Amérique sur trois générations d’une même famille, par l’auteur de Virgin suicides.

Big up aussi à P.G Wodehouse et Nick Hornby, les auteurs anglais les plus drôles du monde, et a Douglas Kennedy que je viens de découvrir mais qui écrit le genre de roman que j’aime (des sagas familiales, des chroniques politiques et sociales, blablabla…)


… Qu’est ce j’ai, à toujours lire le même genre de bouquin, moi?…

Tout de suite je me baladais sur mon blog, comme ça, en chantant lalala et en mangeant des céréales fourrées au chocolat sans lait, et je me suis rendue compte qu’il n’y avait qu’un article dans la rubrique « Le Professeur Debbie a lu pour vous »!

Un seul article!
La hhhonte!
![]()
Parce que du coup les gens vont croire que le Professeur Debbie ne lit jamais, ça craint non? C’est mon équipe marketing qui dit que ça craint, que ce n’est pas bon pour mon image, pour mes chiffres.
Alors voilà, en ce moment sur ma table de nuit (et dans mon sac à main aussi), il y a:
- Les chutes, de Joyce Carol Oates, célèbre et très prolifique auteur américain que j’ai découverte il y a peu avec Johnny Blues. Joyce Carol Oates ce sont des histoires tristes, des personnages obsessionnels, des sagas intimes, une histoire particulière de l’Amérique, et c’est vraiment très bien. Et aussi, elle écrit beaucoup de pavés, genre 5 ou 600 pages, et j’addddooore ça, les gros pavés.
- Pour après Les chutes: L’Oeuvre, de Zola. Mon auteur mort préféré qui parle de ses amis artistes impressionnistes, ouais, j’ai hâte de commencer ça! Je me plonge dedans dès que j’émerge des Chutes (rires).

Et puis pour encore après j’ai prévu de continuer avec Joyce Carol Oates en lisant Blonde, sa bio romancée de Marilyn, de m’essayer à la dark lecture avec H.P Lovecraft, et puis peut-être qu’après ça je vais me lancer dans la fameuse trilogie de Stieg larson, Millenium, que je n’ai TOUJOURS pas lue! Voilà.

C’est dingue tout ce qu’on trouve quand on tape « Liseuse » sur Google Images, sinon.
Je suis ra-vie!
Oui, ravie!
Tout à l’heure j’ai descendu sur mon trottoir pour y poser mon sac poubelle jaune.
Et je l’ai sentie!
Oui, mes chers frères! Oui mes chères soeurs! J’ai senti l’odeur de l’automne! la première de l’année! Cette odeur de froid mélangée à celle du bois et des feuilles mortes (qu’il m’est impossible de décrire parce que bon, je suis pas poète moi, hein) qui vous ressuscite les narines, vous réhabilite les sinus, qui vous transporte les fosses nasales au paradis du pull, des bottes et du bonnet! OOouuuaaaaiiiiis!!!!
Bref, comme le disait la charmante Cookie Monster il y a peu, l’automne est -presque- là, puis vient l’hiver, et ce n’est pas pour me déplaire. Ca rime, en plus.
Oui, car le Professeur Debbie n’aime pas trop l’été.
L’été c’est vulgaire, c’est Saint Tropez, c’est mule à talons et bouts pointus imitation Galliano. C’est contrefaçon Vuitton.
Non, le Professeur Debbie n’aime pas trop le soleil, la chaleur, le derrière des genoux qui collent, le maquillage qui bof, les cheveux qui beuharr, les cons en T-shirts blancs estampillés Fabulous Bachelor Inside qui lèvent les bras en faisant « Wooouuuhooouuuuu!!!! » à Saint Tropez, les rediffusions de Zone Interdite (d’où surgissent en général les cons en T-shirts blancs), les rediffusions de Capital (sur le business des T-shirt Fabulous Bachelor Inside), les copains pas là, l’odeur de la chipolata brûlée, la série de l’été, les lois à la con qui passent à ce moment-là, bref.

J’ai vraiment besoin de commenter, là?
Alors que bon, l’automne et l’hiver c’est classieux, c’est plutôt Manhattan, c’est ballerines en cuir noir Chanel. C’est le Birkin d’Hermès.
Parce qu’en fait le Professeur Debbie préfère plutôt la vapeur qui sort de la bouche, les écharpes, le chocolat chaud, le vin chaud, la couverture sur le canapé, la soupe, les bottes, les décos d’Halloween, les décos de noël, l’huile d’amande douce sur le visage, la doudoune d’esquimau H&M, les grosses chaussettes, les trottoirs qui glissent, les cols roulés, les « Tu fais quoi pour le nouvel an? », les apéros-cellules psychologiques entre rescapées des fêtes, la nuit qui arrive tôt, la buée sur les fenêtres, les pieds froids dans le lit, les bougies, la lumière de l’hiver, la crême pour les mains…
Soupir!

Comme je vous l’ai dit il y a quelques temps, Les Clash et les Beastie Boys sont les deux plus grands groupes de tous les temps.
Pas « Je trouve que les Clash et les Beastie Boys sont les deux plus grands groupes de tous les temps ».
Non.
Les Clash et les Beastie Boys sont les deux plus grands groupes de tous les temps. Point. C’est comme ça, je n’y peux rien.
Et pourquoi les Clash et les Beastie Boys sont-ils les deux plus grands groupes de tous les temps, alors?


Parce qu’ils sont bien sappés, déjà.
Et aussi parce qu’au fil des albums, ils ont su s’éloigner du chemin que l’industrie du disque voulait leur imposer.
Les uns étaient destinés à faire du punk, parce que c’était ce qui marchait à la fin des années 70, et qu’on ne change pas une recette qui marche.

On ne change toujours pas une recette qui marche, hein Avril?
Les autres à faire du rap, du rap rigolo, si possible.
![]()
Mais, car la vie fait parfois bien les choses, tous ces petits garçons très talentueux ont su, par un incroyable réseau de talents et d’énergies (parfois contradictoires, ce qui a fait splitter les Clash) explorer d’autres voies musicales pour toujours se renouveler.
Car en plus d’être un groupe aussi révolutionnaire qu’engagé politiquement, les Clash ont touché au reggae, au rock, au punk, au rap, à la folk (une amie m’a dit un jour que Lose this skin, cette merveille de chanson, ressemblait à du Louise Attaque… je l’ai retirée de mon testament, ça lui apprendra)
Quand aux Beastie, en plus d’être aussi révolutionnaires que drôles, ils ont touché à la bossa (et pourtant, je DETESTE la bossa nova), au punk, au rap, au psyché-rock, à la country…
Les Beastie Boys sont au rap ce que les Clash sont au punk: inventifs, géniaux, inattendus et sans concession.
Les Beastie Boys sont donc, par leur inventivité, leur génie, leur inattenduerie et leur sans-concessionerie le seul groupe qui puisse décemment être comparé aux Clash, un groupe inventif, génial, inattendu et sans concession, quoi.
Voilà. Voilà pourquoi le Professeur Debbie aime vraiment beaucoup beaucoup les Beastie Boys et les Clash.
Et je vous dirais mes chansons préférées de toute la vie des Beastie et des Clash quand j’en aurais envie, parce que là je suis fatiguée et qu’en plus je viens de me rendre compte que Grey’s Anatomy avait remplacé Urgences (en tout cas la saison 14) dans mon coeur, et que ça fait bizarre de se quitter comme ça après toutes ces années.

Ca c’est le docteur Derek Shepperd, le mari du Professeur Debbie. Dis bonjour, Derek
Bonne nuit mes chéris!