La semaine dernière je suis allée voir Rocky Horror Picture Show avec quelques ami(e)s. Le film était présenté dans la grande tradition interactive du Studio Galande, avec une troupe déguisée comme les personnages du film, reproduisant sur scène ce qui se passe à l’écran, un public en folie… enfin bref, pas besoin de vous donner plus de détails, vous avez peut-être déjà entendu parler des fans fous-furieux de ce film culte!

Mes chopains et moi-même arrivons donc fort enthousiastes au Cargö, agréable salle de concert caennaise qui met les points sur les « o ». Nous sommes prêts à nous plonger dans une ambiance glam’ et orgiaque, tout frétillants d’excitation à l’idée de chanter The time Warp (LE morceau culte du film, un vrai bonheur) ou Sweet Transvestite à tue-tête, et à régresser un bon coup en nous balançant bêtement de l’eau et du riz à la figure (pour les scènes de pluie et de mariages présentes dans le film).
Bref, à cet instant, le Professeur Debbie est Joie.
Sauf que.
Sauf que la troupe que nous voyons arriver (nous verrons plus tard que nous avons certainement eu droit à la pire de toutes) sur scène va en fait s’avérer être une bande de sous-G.O en rut, déguisés comme en Village People et nous gratifiant de leurs reprises en play back de YMCA, Macho Man ou In the Navy, pénis géants en plastique à l’appui. Le seul interêt de cette première partie est que j’ai découvert Sex over the Phone, un morceau absolument invraisemblable des V.P, datant visiblement de leur descente de hype dans les années 80. Pour le clip, allez là.
Mais à part ça, j’ai vraiment l’impression que la troupe s’est dit « Allez, on est chez les bouseux, on va leur donner du divertissement de bouseux! ». Une première partie tellement nulle que j’en ai presque été vexée, vous vous rendez compte?!
Bref, après cette interminable ouverture, nous passons enfin aux choses sérieuses: Le film. Je me dis qu’après la pseudo soirée disco le pire est derrière nous, et j’ai tort. Oui j’ai tort car la troupe, menée par le comédien (hum…) incarnant le majordome Riff Raff se sent obligée d’agrémenter sa médiocre prestation (seule la comédienne incarnant le Dr Frank-N-Furter sortant du lot) de commentaires. Nom de dieu, mais quel est le con qui a eu l’idée géniale de leur donner des micros????
Oui, qui est ce con car de toute ma vie, jamais je n’ai vu tant de vulgarité crasse, abjecte, répugnante étalée ainsi! Oui, vous pensez que le Professeur Debbie est facilement outrée mais je vous assure que tout les spectateurs, même les plus téméraires de la salle, ont été choqués! Choqués, oui! Je ne pensais pas utiliser un jour ce mot, sachant que nous sommes en 2008 et que je suis une jeune femme moderne qui dit des gros-mots, qui fume des cigarettes et qui porte des pantalon, tout ça…
Mais je n’ai pas envie d’entendre « Ouarf c’est le clito de Carla Bruni! » comme commentaire d’une scène où l’on voit un énorme morceau de viande; je n’ai pas envie d’entendre une des harpies de la troupe brailler à son collègue de retirer l’emballage avant de se mettre un Viagra dans l’anus (je vous laisse imaginer la voix de poissonière accompagnant ce ravissement rhétorique); je n’ai pas envie qu’un comédien mime tout le kama-sutra sur un spectateur pas forcément consentant (avec râles à l’appui, bien sûr); je n’ai pas envie de risquer de me prendre un coup de penis géant dans la gueule; je n’ai pas envie que le moindre mot parvenant à mes oreille concerne forcément la sodomie, le pénis, le vagin, le pipi, le caca, les ovaires, etc… Je suis venue voir Rocky Horror Picture Show, pas un porno gonzo.
Bref, j’étais tellement énervée que -chose que je ne fais jamais- je suis sortie de la salle avant la fin, au moment où les membres de la troupe invitaient la salle déjà bien refroidie à une immense partouze, me demandant sincèrement si je ne risquais pas de me faire alpaguer par un des comédiens souhaitant me faire découvrir les joies de l’amour.
Je suis consternée que ces gens fassent payer, et SE fassent payer pour commettre ce genre de désastre. Et vous voulez savoir ce qui m’énerve le plus dans toute cette histoire? Le film n’a pas été respecté. Rocky Horror Picture Show est un film glam-rock, subversif, subtil, sexy, drôle, mythique, et ces gens qui l’ont certainement vu un bon millier de fois de plus que moi n’y ont rien compris.






















